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Antiracisme Religions Textes FA74

Un professeur est mort, encore

Le 18 octobre 2020

En France, Samuel Paty est mort, parce que professeur, parce qu’il faisait son métier, parce qu’il a tenté d’amener l’esprit critique aux enfants dont il avait la charge. Notre soutien se porte vers ses proches et ceux qui le connaissaient.

Son assassin l’a décapité au nom d’une idéologie qui, dans bien des endroits du monde, s’en prend à tout ce qui ouvre les humains à plus de liberté : les écoles et ceux qui œuvrent à apporter le savoir, les militants pour la sécularisation des religions, les militantes pour l’égalité femmes-homme, etc…
Ce n’est pas le premier professeur, dans le monde, qui tombe au nom de l’idéologie de l’islam politique. Ces réactionnaires tentent d’imposer par la peur, par l’autocensure, leur vision du monde basée sur une lecture rigoriste d’un livre, et dans leur cas qu’ils pensent saint. Tous les tenants de ces idéologies réactionnaires mortifères, d’où qu’elles viennent, savent qu’ils trouveront des soldats, parfois simplement en s’appuyant sur les plus déclassés par notre société, en attisant pour leur dessein les haines et les identitarismes.

Il ne suffira pas de faire la chasse à leurs idées. Encore moins d’amalgamer comme, ils en rêvent, tous les croyants d’une religion en un grand ensemble belliqueux. Il faut leur couper l’herbe sous le pied !


Pour nous anarchistes, cela ne pourra se faire que par l’émergence d’une société réellement égalitaire, libre, où chacun et chacune aura sa place en tant qu’individu.e. Il faut aussi soutenir les luttes pour la sécularisation des religions dans le monde, à minima. Et nous, anarchistes, souhaitons, luttons pour la disparition à terme des religions et superstitions, l’abolition des frontières, des classes et faire vivre l’entraide à l’échelle du globe. Les États et leurs guerres, les Religions et le Capitalisme se nourrissent les uns les autres au détriment des Libertés.

Nous ne pouvons pas nous contenter d’une simple condamnation sans imaginer et commencer à mettre en œuvre les changements de société nécessaires à la disparition des carcans qui nous enferment.

Nous ne pouvons nous contenter de compter les morts, d’une pseudo « unité nationale » et de retourner au silence.

Nous le devons à toutes celles et ceux intimidé.e.s, malmené.e.s, tué.e.s au nom de la réaction et l’envie d’imposer une vision rétrograde de la société, d’où que cela vienne.

Ni Dieu, ni maître, ni État, ni patron.


Les Relations Extérieures de la Fédération Anarchiste

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Anticapitalisme Antiracisme Manifestations Textes FA74

Solidarité avec les sans- papiers !

Après la manif de Lyon le 3 octobre qui a regroupé un bon gros millier de personnes, la marche nationale des sans-papiers arrivera à Paris le 17 octobre. Nous appelons celles et ceux qui le peuvent d’y apporter leur soutien.

Nous sommes signataires de l’appel au soutien et à la lutte des sans-papiers en haute-savoie.

Nous pensons cependant que le véritable objectif de ces combats doit être l’abolition des frontières.

La patrie est une baliverne et chaque individu doit pouvoir vivre légitimement et dignement quelque soit l’endroit où il se trouve. Les papiers ne sont que des éléments de contrôle et de flicage. Ils permettent de fabriquer des êtres « illégaux » et sans droits que des patrons-voyous (pléonasme ?) utilisent allègrement. Salaires minables, pas de charges sociales et exploitation possible illimitée.

Nous exprimons notre solidarité et notre participation aux combats au coté de celles et ceux qui fuient la misère et les guerres générées par les dictatures financières, politiques et/ou religieuses qui dirigent actuellement le monde.

No border et solidarité internationale.

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Anticapitalisme Syndicalisme Textes Individuels

Rentrée

C’est la rentrée, immuable concept d’acceptation de retour au bercail pour peu qu’on ait eu la possibilité de le quitter.
Après nous avoir un peu lâché la bride pour soutenir l’économie du tourisme par la consommation, les maitres de ce pays étriqué accusent celles et ceux qui ont pu voyager un chouilla d’avoir favorisé la propagation d’un virus que notre génial gouvernement avait réussi à contenir…contenir.
Pas de panique, le virus est à géométrie variable. C’est à partir de 22 ou 23h qu’il devient très dangereux. Donc couvre-feu et fermeture des bars et restos. Masque obligatoire tout de même avec son lot d’amendes, voire de prison possible en cas de non-respect des ordres sécuritaires. Par contre, dans les lycées, 800 élèves à la cantine dérogation ! internat dérogation etc…. Forcément, car il est hors de question de faire des investissements coûteux dans des services publics que ce gouvernement de minables tend à démanteler au profit du privé. Si ce virus est vraiment dangereux, ils-elles avaient 6 mois pour trouver des solutions acceptables. Des minables pourtant adulés par les grands patrons qui, effectivement, n’ont pas à se plaindre. Toute politique sécuritaire est liberticide. Une information claire de « médecins » intègres aurait eu bien plus d’efficacité en appelant à la responsabilité individuelle sans avoir besoin d’un arsenal répressif.
Heureusement, il y a le foot pour nous détendre. A Marseille, interdit de porter un maillot psg parce que des débiles cognent sur celles et ceux qui les arborent. Sécurité encore. La connerie tout comme le virus frappe fort. Et là, la réponse du préfet est bien déjantée. Des fachos cognent sur des PD ? il interdit l’homosexualité ? – des religieux frappent les athé-es ? obligation de se convertir ? – des mecs tabassent leur femme ? qu’elles deviennent des hommes ? – Les gilets jaunes se font massacrer ? qu’ils-elles restent à la maison ! – Hitler exterminait juifs et gitans ? pourquoi n’étaient-ils pas de bons ariens ? Il y a un côté positif à tout ça, en étant les plus violents, on pourrait gagner en légitimité politique…. Malheureusement pour nous, anarchistes, nos idées ne se décrètent pas, elles appellent à la diversité et au respect de celle-ci. Incorrigibles pacifistes, c’est sur le terrain de l’intelligence que nous préférons lutter. Même si des situations historiques et sociales peuvent amener certain-nes d’entre nous à défendre la liberté par les armes quand les violences d’états nous l’imposent.
Petite anecdote qui n’a rien à voir, un vol de vélo dans une ville truffée de caméra, tu vas voir les flics pour l’assurance et ils te disent que les caméras ne servent à rien pour retrouver les voleurs. Tant mieux, c’est le vélo que j’aurais aimé retrouver, pas les marlous. Par contre, à Thonon, les caméras ont permis d’appréhender des manifestant contre les violences policières. A qui avait des doutes sur la justification des caméras, les voilà définitivement levés.
Sinon, hier j’ai croisé des chasseurs de pokémons. Gentils comme tout ! Mais chasseurs…. Un frisson m’a parcouru. Avec la rentrée, on va retrouver les gros cons kaki armés dans nos forêts et montagnes les jeudi samedi dimanche et jours fériés. La nature offerte à tous les frustrés de nos guerres perdues. (Toutes les guerres sont perdues, elles sont l’échec de la civilisation !). Le sang va couler et des affiches te préviennent. S’ils te confondent avec un faisan d’élevage, ce sera de ta faute ! Comme pour les porteurs de maillots psg à Marseille, on ne se promène pas en civil et sans armes dans nos forêts et montagnes les jours de repos.
Autre truc désopilant, c’est à La Rochelle cette fois. La plage des « minimes » est interdite aux fumeurs. Ecologie oblige ! Une canalisation pète et toute la mer est polluée. N’est-ce pas magnifique ?
C’est vraiment la rentrée ! les meubles n’ont pas bougé. Putain de merde… je prends ma caravane, je sors, je repars, je déserte, je rase la maison, mais plus jamais je ne veux rentrer……
J el marmotton

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Discours virtuel du 1er mai 2020

La Fédération nationale de la Libre Pensée vous invite à écouter son Discours virtuel du 1er mai 2020

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Le Monde Libertaire en accès gratuit pendant le confinement !

Aujourd’hui la priorité est à la santé de toutes et tous. Demain il nous faudra nous délester de ces gouvernements d’amateurs qui mettent à mal nos sociétés.

En attendant, pour aider à faire face à cette situation inédite de confinement, d’isolement ou de solitude presque partout dans le monde, l’équipe du Monde Libertaire met en accès libre l’ensemble de ses publications.

A télécharger et diffuser le plus largement possible pour se retrouver, demain, plus nombreux encore dans les luttes.

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Confinée

Quand on est anarchiste et qu’on est confiné·e à cause d’une pandémie, on n’peut rien faire.

Les réunions : interdites, les manifs : interdites. Pour faire court, tout est interdit, sauf d’aller travailler – pour certain·e·s – d’aller faire quelques courses, d’aller chez le médecin et sauf de sortir
son chien, voire soi-même, pour lui faire prendre l’air.

On pourrait bien « se réunir » par visioconférence mais c’est technique et c’est chiant alors on verra bien plus tard.
Et pourtant ! Cette pandémie causée par un coronavirus – de son p’tit nom COVID 19 – met en lumière, tous mais alors tous les symptômes et le diagnostic posés par les anars depuis des lustres :
les méfaits de l’austérité budgétaire et des politiques néolibérales, l’inadaptation du système étatique, les limites des élections représentatives, les inégalités sociales, et j’en passe et j’en passe…

Le remède, nous l’avons : l’anarchie comme autre moyen d’organisation de la société. Et, c’est maintenant qu’il faudrait la mettre en avant, la présenter, l’expliquer, la mettre en parallèle de ce qui a été fait jusqu’à présent. Beaucoup de gens sont insatisfaits et ont le temps de se documenter, de commencer à se familiariser et peut-être d’envisager le monde autrement. Et, c’est maintenant qu’il
faudrait préparer « l’après ».

Quand la vie aura repris son « cours normal », tout le monde souhaitera oublier, sortir et profiter du beau temps, faire la fête et consommer.
Bien sûr, la colère sera présente et la lutte perdurera car certain·e·s ne voudront pas laisser passer tous ces dysfonctionnements. Mais il sera trop tard pour philosopher, l’anarchie sera soit décriée car
présentée comme le désordre qui n’aurait pu permettre l’éradication de la maladie, soit elle sera reléguée à une douce utopie pour rêveur·euses.

Rêveuse et utopiste que je suis, confinée dans mon canapé, j’écris en attendant que ça s’passe.

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Covid 19 serait-il force de proposition révolutionnaire ?

Covid 19, tel est son nom, se présente sans crier gare – et faisant fi des frontières et des douaniers – sur la scène mondiale comme une nouvelle donne avec laquelle nous avons toutes et tous une relation… plus ou moins intime !

Covid 19 ce petit être invisible, malin et sournois, s’est fait mondialement connaître et reconnaître en un rien de temps : une telle force de frappe ne s’est plus vue depuis la dernière guerre mondiale !

Covid 19, n’est plus seulement le nom d’un virus, il est aussi celui d’un épisode sanitaire mondial majeur dit pandémie, bref d’un « état de crise » qui met l’État en crise. Dans une crise telle que le gouvernement a déclaré le pays en guerre ! Et voilà le tour est joué : âmes sensibles s’abstenir et pour les autres on sort l’artillerie lourde !

Et avec une précipitation martiale le gouvernement immédiatement à déclaré la guerre… au peuple ! Quelle drôle d’idée ; sans aucun doute une toute petite erreur de lecture du monde, innocente et sans conséquence !!!

Ne nous y trompons pas Covid 19 n’est pas, selon moi, une source de proposition de guerre, mais au contraire d’une proposition de Paix ! C’est pour ma part comme telle que je l’ai accueilli.

Covid 19, m’enseigne bon gré, mal gré que nous sommes tou·te·s relié·es et interdépendant·e·s… Mes actes et comportements bien qu’individuels participent au collectif, c’est vrai pour moi et c’est vrai pour toi ! C’est une loi universelle! Et c’est La Loi que je souhaiterais voir s’inscrire durablement dans toutes les consciences. En effet, en tant que Loi Universelle elle représente la seule et unique loi de gouvernance acceptable et nécessaire dans ce monde en transition vers une conscience de soi, des autres et de l’Ensemble ! La révolution en cours est sensible et elle nous invite à un changement de niveau de conscience.

Aucune révolution ne s’est faite sans heurts ni morts ! Par principe une révolution c’est la fin brutale d’un état et l’avènement d’un autre, et entre temps… de l’incertitude, de l’inconfortable. Mais fort·e·s de cette conscience d’interdépendance, de notre valeur propre et de celle de chacun·e et surtout de la valeur du groupe « peuple humain » que nous sommes alors, nous saurons être créatif·ives ! L’évolution vers la conscience d’ensemble sera en elle-même créatrice de nouveau et notre parade contre la peur du lendemain ! Peur du lendemain organisée et entretenue par les pouvoirs établis et la société capitaliste !

La peur est la force du pouvoir en place et plus nous entretenons notre peur plus nous renforçons leur pouvoir ! La peur, comme l’amour, nous rend aveugle et nous paralyse… pendant un temps ! Changeons notre angle de vue, regardons plus loin et nous verrons que nous entretenons nous-même nos propres chaînes ! La guerre sous toutes ses formes à été expérimentée et l’humain n’y a jamais rien gagné ! Réorientons notre regard vers ce que nous voulons voir advenir ! La paix est en potentialité et n’attend que de se révéler !

Une chose est certaine : la terre – écosystème nous permettant de vivre – ne survivra pas en l’état au pillage d’une société mondialisée de consommation et capitaliste, et les deux tomberont ensemble emmenant le peuple humain avec eux ! Notre salut est dans notre capacité collective à prendre conscience que nous somme en tant que règne humain, interdépendant avec tout les autres règnes terrestres : animal, végétal, minéral, et qu’il est plus que temps de donner à la Vie toute l’attention dont nous sommes capable !

La forme productiviste de nos vie de pilleurs et pollueurs du vivant appartient au passé et Vive l’Anarchie !

La Maudite !

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Auchan, la prime du mépris

Face au risque d’attraper et/ou de propager ce virus estimé très dangereux, 1000 balles est l’estimation de la valeur financière du patronat pour la vie d’une famille ouvrière !

Employé·es des super-marchés, Auchan, Carrefour etc… , les patrons les méprisaient, travail sous-payé, horaires fractionnés, flicage à tous les étages. On se souvient toutes et tous des mesures de licenciement pour des peccadilles. Pas de rébellion, sinon, viré·e, tu n’étais pas irremplaçable, c’était marche ou crève ! Puis la « crise sanitaire ». les temples de la conso font des bénefs de dingues, c’est noël au printemps ! Je ne traiterai pas ces patrons de crapules, faut rester poli hein ? mais ces môssieurs n’en ont rien à foutre de leurs employé·es, c’est leurs bénefs qu’ils assurent. Ils ont la trouille qu’ils ne viennent pas bosser et les gratifient d’une aumône de 1000 balles. Toutes et tous ces travailleurs et travailleuses le savent, mais comment refuser quand on ne touche qu’une paye de misère ? Une hausse de salaire et l’obtention de conditions de travail dignes auraient eu plus de sens dans la reconnaissance de leur métier. Tout ce que ces employé·es font disqualifie d’office leurs patrons de toute légitimité à les exploiter. Il n’y a d’ailleurs jamais eu aucune légitimité à exploiter qui que ce soit, et si cette crise peut mettre cette évidence en lumière, tant mieux !

Il faudra régler les comptes quand tout cela sera terminé.

Tous solidaires, l’an 01 est pour bientôt.

La marmotte !

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Des hêtres ou des chaînes

 Ce que nous appelons « notre président » a déclaré que « seules les activités indispensables à la nation seraient maintenues. » 

Il aurait pu se donner la peine de définir « indispensable »

Toutes les activités qui n’ont pas été maintenue sont donc jugées par le groupe ultra-libéral qui détient le pouvoir en ce moment, comme « dispensables ». Dans le sens où nous pouvons nous en dispenser pendant quelques semaines, voire quelques mois. Ce classement -complètement arbitraire et qui devrait donc être remis en question nous montre de façon flagrante comment pourrait être notre cadre de vie : A la fin de la quarantaine, pourquoi remettre en place un système composé à 80 % d’activités dispensables ? Nous pourrions tous nous former à effectuer les tâches indispensables, que nous ferions à tour de rôle afin que chacun puisse participer à l’effort collectif, mais un effort qui reste raisonnable pour sa santé, et son bien être personnel. 

Toutes les associations, les fédés, les activistes, les écolos, qui ont appelé à plus d’écologie et plus d’humanité se sont heurté·es depuis tant d’années, à des débat biaisés sur les thèmes du « c’est pas possible » « ça prendra du temps » « pensez aux emplois », alors que le Covid19 – qu’on connaît à peine – a brisé ce mur en quelques semaines, quelques jours pour rendre tout cela possible : stopper les avions, leur business et le tourisme de masse, réduire drastiquement la circulation des voitures et du même coup rendre les villes vivable et respirable, pousser les êtres à se rendre compte de l’importance des relations sociales, de l’essentiel, etc….. 

Le capitalisme est un système à bout de souffle : toutes les grèves, les ZAD, les manifestations et leurs répressions, que la France, l’Europe et le reste du monde ont vécues, montre le mal être général, la volonté d’arrêter un système qui met les peuples en concurrence, et la volonté de stopper l’exploitation inacceptable de l’être humain par d’autres êtres humains, pour leur seul confort, exploitation abusive des ressources naturelles (une croissance de 1 % pour année semble être raisonnable, mais 1 % par année sur 100 ans, correspond la dernière année a une augmentation supérieure à l’intégralité de la consommation de la première année….), surpopulation et densité invivable (développement d’épidémies incontrôlable qui l’accompagne) pour nous vendre un peu de confort, et le sentiment de gagner cette course internationale. Nous pouvons nous rendre compte de façon fragrante aujourd’hui que le prix à payer en termes de pollution et de bien-être est beaucoup trop élevé. Si le progrès ne sert pas à avoir plus de temps libre, et faire moins d’effort, pour avoir du temps et de l’énergie à mettre là où nous le voulons… a quoi sert-il ? Lavons nos verres au lieu de jeter nos gobelets ! 

Le Covid est un révélateur de beaucoup de choses, dont on continuera à faire la liste durant de nombreuse années, à l’heure actuelle, il nous montre que nous avons besoin de lien social (le confinement reste une épreuve), de temps libre pour pouvoir effectuer des taches qui nous épanouissent. 

Le municipalisme est un des moyens que nous devons mettre en œuvre pour nous réapproprier notre environnement, notre espace, notre temps. Ré-apprendre à échanger, proposer et débattre afin de se réapproprier les décisions sur la gestion de nos espaces et de nos vies, de l’échelle de la commune aux dimensions les plus vastes possibles par le fédéralisme et les échanges. Faire, chacun·e selon ses capacités, pour tout un chacun·e selon ses besoins.

De multiples propositions pourront être faites, mais les échanges, les activités, artisanales, agricoles, de service ou industrielles devront être de proximité de préférence.

Il faut en finir avec le consumérisme idiot, destructeur d’un environnement qui doit pouvoir continuer à garantir l’existence de la population mondiale. Toutes et tous en bas de l’immeuble ou sur la place du village, au bord d’un rond-point avec ceux qui aime le jaune, dans les campagne avec les zadistes, à l’usine ou la fabrique avec les ouvriers en luttes, avec les fermiers qui aiment le rouge… nous sommes les seuls maîtres de nos destins. 

Et Vive l’Anarchie

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Conférence : la pensée de Murray Bookchin par Vincent Gerber

Ce lundi 24 février nous avons organisé en collaboration avec la Coloquinte et le café 648, une conférence portant sur le municipalisme libertaire et l’écologisme social.

Venus nombreux, le public a pu (re-)découvrir un courant de pensée qui place les individus, leur environnement direct, leur volonté et leurs actions au centre de leurs préoccupations.

La pensée de Bookchin n’ayant pas trouvé d’écho de son vivant , d’aucun pensaient qu’elle disparaîtrait avec lui, le jour où il est décédé. Quelques années plus tard, quelques crises plus tard, quelques abus et manipulations plus tard, quelques colères populaires plus tard, ses ouvrages ont non seulement été redécouverts, mais nombre de communautés ont mis en application ses thèses (pas toutes fondamentalement nouvelles, mais intégrées dans un ensemble cohérent et actualisé), avec un succès non démenti pour des populations de plusieurs milliers d’individus.

S’en est suivi un échange d’abord avec Vincent puis entre personnes du public sur les « pourquoi » puis les « comment » d’une telle démarche. Le scepticisme de certain·e·s, la certitude d’autres, mais surtout la volonté commune de s’engager pour les générations futures et les générations actuelles, pour nos voisin·e·s, mais surtout pour nous, tou·t·es. Nous tou·t·es et maintenant.

(un) Résumé de la conférence

L’idée est qu’un changement radical ne peut advenir que dans un environnement qui lui est favorable. En s’appuyant sur des exemples historiques récents, notamment celui des Kurdes, il est montré que l’état, celleux qui le manipulent, ses suppôts et ses esclaves, ne pourront disparaître qu’après une crise… à condition que des solutions de remplacement aient été préalablement pensées et appliquées par la population elle-même.

Ainsi il est possible, nécessaire, de développer des structures fédéralistes, associatives permettant aux habitant·e·s d’un lieu de se le réapproprier plutôt que d’attendre de voir ce que les représentant·e·s légaux·ales en feront sous la pression de lobbys divers.

L’action peut commencer à petite échelle. Prenant comme exemple les habitant·e·s d’un quartier désireux de transformer un parc en potager collectif, se retroussant juste les manches pour assouvir ce désir. « Nous, habitant·e·s de ce quartier, ne désirons pas ceci, mais voulons cela pour notre parc », après quelques réticence la mairie a dû se plier à cette volonté populaire, et a ensuite réquisitionné un bâtiment à l’abandon afin de le réhabiliter et de le mettre à leur disposition.

Ce que la mairie n’utilisait pas, les habitant·e·s du quartier l’ont utilisé, pour le bien-être de tou·te·s.

Le « bien collectif » a perdu son sens, s’est terni avec le temps,c’est à tout un·e chacun·e de lui redonner de l’éclat.

En ville, en banlieue ou dans les campagnes, chaque lieu à ses spécificités, sa topographie, ses talents , ses défauts et ses limites, chaque lieu doit correspondre aux besoins, aux envies de ceux qui y vivent, et qui mieux qu’eux-même peut prétendre à les connaître ? Un·e·tel·le se présentant à la mairie d’une ville sans jamais y avoir habité ? Un pouvoir parisien centralisé ? Une entreprise dont le siège social se trouve sur une île qui va bientôt disparaître avec la montée des eaux ?

Nous pouvons récupérer la main mise sur des éléments négligés par l’état – et les grandes sociétés – mais qui ont un impact direct sur notre quotidien et sur notre qualité de vie. Puis par grignotage, effriter des pans entiers du pouvoir en place, qu’il soit politique ou économique.

En parallèle, ces actions collectives permettront de nous organiser en structures basées sur la démocratie directe, en structures libertaires ou chacun pourra donner son avis sur l’utilisation présente et future de tel ou tel bien commun. Pour acquérir une certain expérience, de bonnes habitudes, il faut commencer par des problèmes simples, résolus en petit comité, puis avec le temps s’agrandir (par le nombre de participants, son étalement géographique…) et s’attaquer à des problèmes de plus en plus complexes. (on s’occupe de la réappropriation d’un rond point en potager solidaire, avec un groupe de 20 personnes habitant autour du rond point… puis on s’attaque à la gestion d’une centrale nucléaire avec les 500 000 personnes qui vivent autour).

La crise de 2008, l’effondrement de Leman Brother, a montré la fragilité de ces géant·e·s que l’on croyait « trop gros pour disparaître ». Le municipalisme libertaire nous permet non seulement d’améliorer notre environnement direct et notre quotidien, mais il nous permet aussi de nous préparer au jour ou ces géant·e·s de papiers disparaîtront, d’eux-même ou en les aidant un peu.

Si une structure de remplacement existe, elle pourra rapidement se substituer à l’ancien système qui aura prouvé (une fois de plus) son inefficacité, alors que si rien n’a été mis ne place en amont, ce sont les mêmes éléments qui seront repris, enluminés de belles promesses creuses et inefficaces – Comme après la crise de 2008, ou l’on nous a promis que les libertés sans limites accordées à la finance, seraient très largement restreintes… on attends toujours… –

C’est parce que les Kurdes avaient développé au préalable un système de démocratie directe, que le jour où l’état occupant s’est retrouvé affaibli, iels ont pu rapidement se substituer à lui pour former une région autonome sans pouvoir central, donc sans état.

Bookchin nous met en garde également devant le danger de l’utilisation de la démocratie représentative afin de la réformer pour tenter d’asseoir le municipalisme libertaire (à l’image de ce qui se fait en suisse, où par exemple une liste écologiste n’a pas désiré nommer de leader – avec l’argument principal que si le groupe était élu il prendrait les décisions de façon collégiale – mais a dû se plier à la loi l’obligeant à nommer un responsable, trahissant déjà l’espoir initial de ses membres).
Le danger de présenter une liste citoyenne dans le cadre de la démocratie représentative est de se retrouver pieds et poings liés et de finir désabusé.

Bookchin argumente que le système actuel a une telle capacité de résilience que toute utilisation de ses propres outils pour le détourner ou le détruire ne serait qu’actions vaines; suivant l’adage « tout pouvoir corrompt » il finirait par phagocyter les actions voulant le transformer, pour à l’inverse, les détourner, elles.

Le seul argument positif de la présentation d’un groupe municipaliste à une élection, quelle qu’elle soit, est la publicité qui serait faite à ses idées. Se présenter à des élections permettrait en effet d’avoir une existence médiatique qui pourrait amener d’autres individus à réfléchir sur leur quotidien et les moyen qu’ils ont de le reprendre en main.

Il n’y a donc pas de dogme a suivre, de recette afin de faire tomber demain le grand capital, mais la possibilité de changer sa façon de voir les chose, son environnement direct , d’abord via des projets restreints, puis de plus grande envergure selon les possibilités de chaque groupe et ses capacité d’interaction avec les autres groupes.