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Rentrée

C’est la rentrée, immuable concept d’acceptation de retour au bercail pour peu qu’on ait eu la possibilité de le quitter.
Après nous avoir un peu lâché la bride pour soutenir l’économie du tourisme par la consommation, les maitres de ce pays étriqué accusent celles et ceux qui ont pu voyager un chouilla d’avoir favorisé la propagation d’un virus que notre génial gouvernement avait réussi à contenir…contenir.
Pas de panique, le virus est à géométrie variable. C’est à partir de 22 ou 23h qu’il devient très dangereux. Donc couvre-feu et fermeture des bars et restos. Masque obligatoire tout de même avec son lot d’amendes, voire de prison possible en cas de non-respect des ordres sécuritaires. Par contre, dans les lycées, 800 élèves à la cantine dérogation ! internat dérogation etc…. Forcément, car il est hors de question de faire des investissements coûteux dans des services publics que ce gouvernement de minables tend à démanteler au profit du privé. Si ce virus est vraiment dangereux, ils-elles avaient 6 mois pour trouver des solutions acceptables. Des minables pourtant adulés par les grands patrons qui, effectivement, n’ont pas à se plaindre. Toute politique sécuritaire est liberticide. Une information claire de « médecins » intègres aurait eu bien plus d’efficacité en appelant à la responsabilité individuelle sans avoir besoin d’un arsenal répressif.
Heureusement, il y a le foot pour nous détendre. A Marseille, interdit de porter un maillot psg parce que des débiles cognent sur celles et ceux qui les arborent. Sécurité encore. La connerie tout comme le virus frappe fort. Et là, la réponse du préfet est bien déjantée. Des fachos cognent sur des PD ? il interdit l’homosexualité ? – des religieux frappent les athé-es ? obligation de se convertir ? – des mecs tabassent leur femme ? qu’elles deviennent des hommes ? – Les gilets jaunes se font massacrer ? qu’ils-elles restent à la maison ! – Hitler exterminait juifs et gitans ? pourquoi n’étaient-ils pas de bons ariens ? Il y a un côté positif à tout ça, en étant les plus violents, on pourrait gagner en légitimité politique…. Malheureusement pour nous, anarchistes, nos idées ne se décrètent pas, elles appellent à la diversité et au respect de celle-ci. Incorrigibles pacifistes, c’est sur le terrain de l’intelligence que nous préférons lutter. Même si des situations historiques et sociales peuvent amener certain-nes d’entre nous à défendre la liberté par les armes quand les violences d’états nous l’imposent.
Petite anecdote qui n’a rien à voir, un vol de vélo dans une ville truffée de caméra, tu vas voir les flics pour l’assurance et ils te disent que les caméras ne servent à rien pour retrouver les voleurs. Tant mieux, c’est le vélo que j’aurais aimé retrouver, pas les marlous. Par contre, à Thonon, les caméras ont permis d’appréhender des manifestant contre les violences policières. A qui avait des doutes sur la justification des caméras, les voilà définitivement levés.
Sinon, hier j’ai croisé des chasseurs de pokémons. Gentils comme tout ! Mais chasseurs…. Un frisson m’a parcouru. Avec la rentrée, on va retrouver les gros cons kaki armés dans nos forêts et montagnes les jeudi samedi dimanche et jours fériés. La nature offerte à tous les frustrés de nos guerres perdues. (Toutes les guerres sont perdues, elles sont l’échec de la civilisation !). Le sang va couler et des affiches te préviennent. S’ils te confondent avec un faisan d’élevage, ce sera de ta faute ! Comme pour les porteurs de maillots psg à Marseille, on ne se promène pas en civil et sans armes dans nos forêts et montagnes les jours de repos.
Autre truc désopilant, c’est à La Rochelle cette fois. La plage des « minimes » est interdite aux fumeurs. Ecologie oblige ! Une canalisation pète et toute la mer est polluée. N’est-ce pas magnifique ?
C’est vraiment la rentrée ! les meubles n’ont pas bougé. Putain de merde… je prends ma caravane, je sors, je repars, je déserte, je rase la maison, mais plus jamais je ne veux rentrer……
J el marmotton

Conférence Débat sur le Municipalisme Libertaire / Écologie Sociale avec Vincent Gerber au 648 Café, Marcellaz.

« L’écologie sociale ou le Municipalisme libertaire est une branche de l’écologie radicale, théorisé à l’origine par Murray Bookchin à partir des années 60. Elle cherche la mise en place d’une société écologique et décentralisée, sous la forme politique d’une confédération démocratique. Conscient que les problèmes écologiques découlent de problèmes sociaux, elle cherche à résoudre conjointement ces deux questions, notamment par la promotion de citoyennes et citoyens acteurs et gestionnaires de leur communauté. » (issu du site www.ecologiesociale.ch)

Actuellement le municipalisme libertaire à le vent en poupe et semble être un point de convergence pour divers mouvements en lutte : Gilets Jaunes, écologistes raci qui marquent leur intérêt pour cette théorie anarchiste : Gilets Jaunes, écologistes, permaculture humaine, éco-habitat, etc. A plus grande ampleur, des régions du monde tel le Chiapas ou le Rojava tentent d’instaurer un fonctionnement sociétal en ce sens.

Présentation par Vincent Gerber :

Face au désarroi que provoque l’étendue des problèmes environnementaux, beaucoup font le lien avec une autre crise, plus profonde, de nature sociale. Pionnier de l’écologie politique, Murray Bookchin (1921-2006) a voulu démontrer que la solution à la crise écologique était avant tout sociale et demandait un retour au fondement de la démocratie : la capacité de décider collectivement de l’ensemble des questions dont nous dépendons. Son écologie sociale cherche à rassembler deux mondes : celui de l’anarchisme, et sa vision d’une société humaine libérée de la domination, avec celui de l’écologie, et la volonté de développer une société en accord avec les apports, mais aussi les limites, du milieu naturel. Il en ressort une pensée écologiste profondément anticapitaliste, prônant la création d’une confédération de communes autonomes, politiquement gérées en démocratie directe.
Alors qu’on parle beaucoup de bouleversements climatiques et d’effondrement à venir, l’écologie sociale nous encourage à revoir l’écologie comme une force de proposition politique, ancrée dans le présent. Elle encourage à ne pas attendre la révolution mais à construire dès maintenant un contre-pouvoir à l’intérieur du système, devant réclamer la dissolution du pouvoir des 1% dominant mondialement. De nouvelles bases de résistance démocratiques doivent être fondées, sous la forme d’institutions participatives et inclusives, permettant de se réapproprier nos choix de vie. En replaçant le bien commun au centre de la politique, il s’agit de redevenir des acteurs désireux d’agir au lieu de subir.

Biographie

Vincent Gerber est à l’origine, en 2009, du site Ecologie Sociale.ch, qui cherche à rassembler et recenser les publications en français sur le sujet. Il est l’auteur de deux essais : Murray Bookchin et l’écologie sociale (éd. Ecosociété) et Murray Bookchin & l’écologie sociale libertaire (éd. Le Passager clandestin, avec Floréal Romero). Père de deux enfants, il habite Genève et travaille actuellement dans une coopérative de logements pour étudiants. Ses recherches actuelles portent sur l’anarchisme dans la science-fiction.

Complément d’infos sur le site de Vincent Gerber : http://www.ecologiesociale.ch/lecologie-sociale/

Cette conférence à lieu dans le cadre des Lundimoitout Libertaires, en collaboration avec le collectif Coloquinte et le groupe Lamotte-Farinet de la Fédération Anarchiste (FA74).